Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Syndicat CFTC du CHSA

Syndicat CFTC du CHSA

Information syndicale CFTC-Centre hospitalier Sambre Avesnois

La ministre du travail tresse des lauriers à la CFTC

A la fin du discours de la ministre du travail, les congressistes ont entonné La Marseillaise. Myriam El Khomri a reçu, à la fin du 52e congrès confédéral de la CFTC, vendredi 20 novembre à Vichy (Allier), un accueil très chaleureux. A l’origine, elle devait seulement accompagner le premier ministre, Manuel Valls, qui avait promis sa présence à la clôture du congrès - une première dans laquelle la centrale chrétienne voyait un fort signe de reconnaissance. Toute la semaine, Philippe Louis, son président, a espéré cette venue que la mobilisation des autorités après les tragiques attentats du 13 novembre a rendu impossible. Au pied levé, Myriam El Khomri l’a donc remplacé pour une courte allocution de quinze minutes qui a été très applaudie.

Il faut dire que la ministre n’a pas lésiné dans les compliments, rappelant la résistance des syndicats à l’oppression nazie et leur dénonciation des tortures en Algérie. Nous allons devoir vivre ensemble encore plus qu’avant, a-t-elle souligné. Vivre ensemble, c’est fraterniser, trouver ce qui nous rapproche, se sentir solidaires les uns des autres. Votre esprit de réforme, a poursuivi Myriam El Khomri, toujours vigilant mais constructif, sera un atout dans le chantier que j’ai ouvert sur le code du travail.

Saluant les propositions de la CFTC sur le compte personnel d’activité - à travers un nouveau contrat social, thème du congrès, que Philippe Louis n’a pas hésité à qualifier de “révolution” -, la ministre s’est dite certaine que la vision que porte la CFTC, avec sa force et sa cohérence, enrichira de manière considérable l’issue de cette négociation qui doit s’ouvrir sur ce sujet. Ensemble, nous avons les moyens, a-t-elle conclu, de construire le modèle social du XXIe siècle. La CFTC a toujours été au rendez-vous du progrès social, elle le sera demain!

Une guerre “pour la démocratie sociale”

Auparavant, avant la réunion que Manuel Valls tenait vendredi soir avec l’ensemble des partenaires sociaux à Matignon, Myriam El Khomri a assuré que la mise en œuvre de l’état d’urgence n’a pas vocation à restreindre les libertés syndicales et les actions revendicatives. Je dirai même que la guerre que nous menons, nous la menons pour la démocratie et donc pour la démocratie sociale. La situation, a-t-elle précisé, sera examinéeau cas par cas avec ceux qui souhaiteront organiser des manifestations et voir s’il sera possible ou non de les autoriser.

Réélu président pour un second mandat par son conseil confédéral - à l’unanimité moins quatre abstentions -, Philippe Louis a affirmé, dans son discours de clôture, que son premier acte sera de “conforter” la représentativité de la CFTC, lors de la prochaine mesure en mars 2017. “Nous devons faire en sorte, a-t-il déclaré, que la victoire de 2017 soit encore plus belle que celle de 2013. Car plus la CFTC sera représentative, plus nous aurons les moyens de peser, de manière décisive, sur le cours de cette révolution” du nouveau contrat social. Il a fait état de près de 800 nouvelles implantations sur un an.

“La CFTC, a-t-il insisté, est un partenaire social actif, un partenaire constructif, dont la ligne est claire et cohérente“. Une centrale qui privilégie “la confiance accordée aux hommes, plutôt qu’aux systèmes, aux idéologies”. Philippe Louis a proposé à la ministre de “faire la révolution avec la CFTC. Une révolution qui consiste à privilégier l’humain par rapport à l’économie, à placer l’homme au cœur de l’économie en lieu et place de considérations comptables et financières”.

Absence de parité

La motion d’orientation sur le nouveau contrat social, qui a donné lieu pendant les quatre jours de congrès à peu de débats, a été adoptée à 91%. Le rapport d’activité, présenté par la secrétaire générale sortante, Pascale Coton, faisant état d’un “bilan positif” du travail accompli depuis quatre ans, a été approuvé à 88%. Le conseil confédéral qui a été élu par les congressistes comprend 50 membres : 24 représentants les plus grosses fédérations et les premières unions régionales ont été désignés, 26 ont été élus alors qu’il y avait 45 candidats. Cette instance ne compte que dix femmes, dont six qui ont été élues. Le bureau confédéral de 14 membres ne compte que trois femmes.

Comme prévu, Bernard Sagez, trésorier sortant, a remplacé Pascale Coton comme secrétaire général. Isabelle Thérain, venue de l’enseignement, est trésorière. Et il y a quatre vice-présidents : Pascale Coton, Joseph Crespo (métallurgie), Patrick Ertz (commerce et forces de vente) et Joseph Thouvenel, qui occupait déjà cette fonction et a été le mieux élu au conseil confédéral.

Ces résultats ont provoqué quelques remous dans le congrès. Une bonne centaine de femmes ont quitté la salle du congrès pour protester contre l’absence de parité dans les instances dirigeantes. Au milieu des stands, elles ont manifesté aux cris de “Parité! parité!” avant d’entonner La Marseillaise. Visiblement embarrassé par ce mouvement d’humeur, Philippe Louis a prié “ces dames” de revenir. “Je comprends votre colère”, a-t-il affirmé avant de les faire monter sur la scène et de s’engager à lutter pour la parité “sur toute la chaîne”.

“Virage à droite”

Un certain nombre de militants, et d’ancien responsables, n’ont pas caché leur inquiétude sur la composition du conseil confédéral jugeant qu’elle marquait “un virage à droite”, symbolisé notamment par l’accession de Joseph Crespo à une vice-présidence. Parmi les nouvelles élues, Evelyne Isinger figure en position éligible sur la liste que conduit Philippe Richert (Les Républicains, UDI-MoDem) aux élections régionales en Alsace. L’incompatibilité de mandats politiques et syndicaux est-elle devenue caduque?

Lors des débats, Joseph Thouvenel, qui est le principal négociateur de la CFTC, s’en est pris au patronat: “Donner de l’argent pour investir dans l’outil de travail, on ne peut pas dire non; Au patronat, maintenant, de faire son boulot. Je leur dis: arrêtez de pleurer tous les matins et tenez vos engagements. Nous, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi!”

Il s’en est pris à des déclarations de Pierre Gattaz ayant estimé que le CDI était “anxiogène”, en observant que les CDI, les banquiers et les propriétaires, eux, trouvent “très rassurant que des gens ne soient pas dans la précarité”. “Votre anxiété, a-t-il écrit au président du Medef, dans une lettre en date du 12 novembre, provient peut-être de cette légende urbaine, développée par la littérature économique de gare, qui voudrait qu’une entreprise ne puisse se séparer d’un salarié en contrat à durée indéterminée“.

Le vice-président de la CFTC indique qu’il y a eu, en 2014, plus de 333 000 ruptures conventionnelles, et plus de 1500 000 en cinq ans. “On ne peut vraiment pas dire que licencier un salarié en CDI soit impossible. (…) Ce qui est sans aucun doute difficile et anxiogène, c’est de devoir dire à un collaborateur qu’il n’est plus le bienvenu au sein de la communauté de travail et pourquoi. Assumer humainement cette lourde responsabilité fait partie de la noblesse du métier de dirigeant. Pour le reste, comme le proclamait un célèbre Polonais : ‘N’ayez pas peur!’ “ Il arrive encore à la CFTC de se référer au pape.

Blog de Michel NOBLECOURT, journal “Le monde”

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article