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CFTC : À la veille du sommet social, les espoirs de Philippe Louis

Publié le par CFTC Hautmont

Strasbourgeois, le patron de la CFTC, Philippe Louis, estime que le sommet social doit avant tout « restaurer la confiance ». Photo Dominique Gutekunst
Photo Dominique Gutekunst

Strasbourgeois, le patron de la CFTC, Philippe Louis, estime que le sommet social doit avant tout « restaurer la confiance ».

Élu, en novembre dernier, président de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), organisation syndicale qui revendique 142 000 adhérents, l’Alsacien Philippe Louis participera mardi, à l’Élysée, au « sommet social » convoqué par le président de la République.

Qu’attendez-vous du sommet social, convoqué le 18 janvier à l’Élysée ?

Il doit répondre à une crise de confiance que l’on retrouve à tous les niveaux : institutionnel, politique et jusque dans l’entreprise. Pour rétablir cette confiance, il faut que l’on arrête de demander, sans cesse, des efforts aux salariés, de leur faire des promesses en disant « Quand ça ira mieux, on verra » et de ne pas les tenir. C’est un cycle infernal.

Le sommet social s’impose par rapport à la baisse d’activité. Il a pour but d’assouplir le recours au chômage partiel mais derrière, il ne faut pas que ce soit les salariés qui en fassent les frais.

Nous voulons introduire une notion de retour à meilleure fortune qui consiste à demander aux entreprises de rembourser les pertes de salaires subies du fait du chômage partiel lorsque la situation se redresse. C’est l’équivalent d’un apport en compte-courant dans une PME.

C’est une notion totalement nouvelle…

Mais c’est parce qu’on ne peut pas continuer comme ça. C’est une notion indispensable pour restaurer la confiance. Il n’est pas normal que l’entreprise n’ait pas l’obligation d’assumer la responsabilité du risque social, lequel est totalement ignoré. Or quand on a des salariés, on doit assumer les salaires, comme on provisionne les congés payés. L’avantage en serait une déductibilité de l’impôt sur les sociétés et le maintien des salaires.

Quel écho ont reçu vos propositions ?

Lorsque nous les avons présentées au ministre du Travail, Xavier Bertrand, elles n’ont pas été trop mal accueillies car elles paraissent logiques. Après, j’ignore si elles seront retenues.

Vous avez aussi rencontré François Hollande. Que vous êtes-vous dit ?

Il a été question de toutes ces propositions du moment, mais aussi de la TVA sociale… Il nous a donné sa position sur le dossier des retraites et nous lui avons exprimé la nôtre, à savoir que nous réclamions une retraite à la carte à partir du moment où les gens ont atteint l’intégralité des trimestres de cotisation. La pénibilité et la question des carrières longues n’ont pas, non plus été prises en compte. Et si les positions de François Hollande vont un peu dans notre sens, nous lui avons réaffirmé notre indépendance vis-à-vis des partis. Cela ne veut pas dire que la CFTC est apolitique. Simplement, nous formulons nos propositions en toute indépendance.

Comment allez-vous peser dans la campagne présidentielle ?

Comme par le passé, nous allons écrire aux candidats pour leur exposer les positions de la CFTC et transmettrons leurs réponses à nos adhérents. Cela nous permet de rester neutres.

Quelle est votre position sur la TVA sociale ?

D’abord, elle ne doit pas aboutir à une perte du pouvoir d’achat. Nous n’accepterons pas une baisse des cotisations patronales reportée sur la TVA. Ensuite, il faut voir comment élargir l’assiette et peut-être augmenter la part de la CSG en contrepartie d’une diminution des charges salariales payées par les salariés. Mais cette hausse de CSG ne concernerait ni les chômeurs, ni les retraités. Sinon, cela impacterait leur pouvoir d’achat. L’autre piste serait une augmentation du salaire brut.

Ne craignez-vous pas que le sommet social tourne au dialogue de sourds ?

J’espère que ce ne sera pas le cas. Le patronat, que j’ai rencontré, est ouvert à la discussion, ne serait-ce qu’avec la TVA sociale. Il peut aussi y avoir un mix car le patronat sait que la baisse du pouvoir d’achat n’est pas une bonne chose. J’espère que le président de la République suivra les partenaires sociaux.

Qu’est-ce qui différencie la CFTC des autres syndicats ?

Notre approche des choses. La CFTC met en avant les valeurs sociales chrétiennes, c’est-à-dire le bien commun et l’attention à la personne. Notre vision des choses est de ne laisser personne au bord de la route.

Des valeurs très importantes en Alsace…

L’Alsace est pour moi une terre chrétienne et ce n’est pas un hasard si la CFTC y est bien implantée. Notre spécificité, par exemple dans les négociations, c’est de faire des propositions, de chercher une entente avec les partenaires. Il faut savoir faire des concessions pour essayer d’avancer sans écarter personne.

Les Français sont peu syndiqués. La perte de vitesse des syndicats est-elle inexorable ?

Non. Depuis dix ans, les effectifs sont stabilisés mais notre pays a un syndicalisme de militants plus que d’adhérents. Entre les deux, il n’y a pas beaucoup de différences car ce qui est obtenu par les syndicats bénéficie à tous. Et en droits apportés par les syndicats, nous avons sûrement le meilleur taux.

Longtemps épargnée, l’Alsace est aujourd’hui touchée de plein fouet par la crise. Comment l’expliquez-vous ?

C’est un peu incompréhensible, d’autant plus bizarre que notre voisin allemand résiste bien mieux. Là aussi, c’est une question de confiance. Économiquement, la crise est justifiée par une baisse de l’activité alors que nous avons beaucoup d’échanges avec l’Allemagne et que l’emploi de tous les frontaliers n’est pas remis en cause. La mécanique est grippée, de manière plus virtuelle que réelle. C’est un manque de confiance.

l'Alsace...

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