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Réduction des déficits : les objectifs sont-ils tenables ?

Publié le par CFTC Hautmont

Réduction des déficits : les objectifs sont-ils tenables ?.

 


Comme tous les ans avec l’automne, voici venue la saison des marrons… et des projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale.
 
Alors que l’examen des deux textes par les parlementaires n’a pas encore débuté, on peut d’ores et déjà s’interroger sur la capacité de l’économie française à tenir les objectifs fixés : de 3% du PIB pour le déficit budgétaire et de 13,9 milliards d’euros pour celui de la Sécurité sociale.
 
Non pas que les mesures d’austérité présentées ne soient pas à la hauteur des enjeux, mais parce que ces chiffres sont fondés sur des hypothèses de croissance irréalistes.
 
Ainsi est-il prévu que le PIB augmentera de 0,3% en 2012, alors que, au cours des trois premiers trimestres de l’année, la croissance affiche un zéro pointé.
 
Idem pour 2013 : le gouvernement table sur une prévision de croissance de 0,8%, là où la Commission économique de la Nation s’attend à une croissance de 0,3%. Or, il faut savoir que 0,1% de croissance en moins représente un milliard de déficit supplémentaire, donc un milliard de recettes supplémentaires à trouver ou de dépenses en moins à réaliser.
 
Autre élément qui ne plaide pas en faveur des prévisions gouvernementales : l’emploi. Pour que le chômage se stabilise, la croissance doit s’élever à 1%. L’économie française devrait donc continuer à détruire des emplois en 2013, et qui dit moins d’emplois, dit moins de recettes fiscales et sociales. Il faut également tenir compte de la baisse du pouvoir d’achat qui pèsera sur la consommation des ménages et pénalisera la croissance.
 
D’où cette question : les politiques d’austérité menées en France et en Europe sont-elles les plus appropriées pour lutter contre la crise ? Il est permis d’en douter au regard de ce qui se passe en Grèce, en Espagne et au Portugal où l’austérité engendre l’austérité et où le degré d’acceptabilité sociale d’une telle politique semble avoir atteint ses limites. Nous prenons cependant acte de ces deux projets en espérant que le pire n’est jamais sûr. Et en gardant en tête que notre protection sociale est un rempart incontestable contre la crise. Notre devoir est de la sauvegarder à tout prix.
 
 
Pascale Coton
Secrétaire générale

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